Ingrédients et études
Une gélule de Reta3 réunit sept ingrédients qui n’ont pas grand-chose en commun : deux oligo-éléments issus de la chimie minérale, deux acides aminés du métabolisme protéique, une fibre tirée d’un tubercule, un produit de fermentation séché et la graine d’une liane amazonienne. Cette page les reprend un par un : d’où vient chacun, ce qu’il est chimiquement, et où en est réellement la recherche. Les quantités reprennent celles de l’étiquette ; la composition d’ensemble figure sur la page produit.
Guarana (Paullinia cupana), 100 mg
Le guarana est une liane du bassin amazonien central dont les graines sont, depuis l’époque précoloniale, torréfiées, pressées en bâtons puis râpées par les Sateré-Mawé avec la langue rugueuse du pirarucu — une technique de préparation qu’on ne retrouve sur aucune autre plante cultivée. Côté chimie, les méthylxanthines dominent : la caféine, avec de la théobromine et de la théophylline, ainsi que des tanins condensés. La teneur en caféine des graines dépasse nettement celle des grains de café et varie fortement selon l’origine et la transformation. Da Silva et ses collègues ont mesuré cette variabilité (Food Research International, 2017) par UPLC-QTOF-MS couplée à la chimiométrie : des graines de guarana d’origines géographiques différentes se distinguent les unes des autres par leur profil métabolique. Pour un produit en gélules, cela signifie que la teneur en caféine d’un extrait n’est pas une constante, mais une spécification que le fabricant doit fixer et contrôler.
Extrait de vinaigre de cidre, 100 mg
Le vinaigre de cidre naît de deux étapes microbiologiques distinctes. Des levures — le plus souvent Saccharomyces cerevisiae — transforment d’abord les sucres du moût de pomme en éthanol. Des bactéries acétiques des genres Acetobacter et Komagataeibacter prennent ensuite le relais et oxydent cet alcool en acide acétique. Savoir quelles bactéries travaillent réellement dans la cuve est moins simple que les étiquettes ne le laissent croire : Trček et ses collègues (Food Technology and Biotechnology, 2016) ont comparé la flore bactérienne cultivable de vinaigres de cidre biologiques et conventionnels et y ont trouvé des profils d’espèces différents. Outre l’acide acétique, le produit de départ contient les polyphénols de la pomme — acide chlorogénique, catéchines, acide gallique. Dans un extrait sec, la part d’excipient est forcément plus élevée que dans le liquide dont il provient.
Inuline de topinambour, 100 mg
Le topinambour (Helianthus tuberosus), cousin nord-américain du tournesol, ne stocke pas d’amidon dans son tubercule, mais de l’inuline : des chaînes de fructose liées en β(2→1) et terminées par une unité de glucose. Les enzymes digestives humaines ne rompent pas cette liaison, si bien que l’inuline traverse l’intestin grêle intacte. Ses propriétés technologiques dépendent du degré de polymérisation. Une étude menée sur des cultures chinoises de topinambour (Carbohydrate Polymers, 2015) l’a suivi sur l’ensemble du cycle végétatif et relève un maximum de 19 unités de fructose une cinquantaine de jours après la floraison, avec des valeurs plus basses avant comme après. L’inuline de topinambour est donc à chaîne plus courte que l’inuline de chicorée, qui fait référence dans l’industrie alimentaire. Une différence botanique qui compte aussi sur le plan réglementaire (voir plus bas).
L-glutamine, 50 mg
La glutamine est, en quantité, l’acide aminé libre le plus abondant du sang humain et des pools intracellulaires : selon la méthode de mesure, elle représente jusqu’à un tiers de l’ensemble. Elle sert moins de matériau de construction que de moyen de transport : la glutamine déplace l’azote entre le muscle, l’intestin, le foie et le rein, et fournit au passage des squelettes carbonés pour les nucléotides et le glutathion. Souba décrivait déjà ce double rôle en 1990 dans une synthèse abondamment citée (Journal of Parenteral and Enteral Nutrition) et classait la glutamine parmi les acides aminés conditionnellement essentiels : synthétisable par l’organisme en temps normal, mais plus en quantité suffisante sous forte contrainte catabolique. Pour donner un ordre de grandeur : une alimentation mixte apporte plusieurs grammes de glutamine par jour, essentiellement liée aux protéines.
L-leucine, 50 mg
La leucine fait partie des neuf acides aminés essentiels, et elle est la seule à avoir son propre système de détection : Sestrin2 et la leucyl-ARNt synthétase signalent directement le statut en leucine au complexe mTORC1. Environ 80 % de la leucine absorbée part vers la synthèse protéique ; le reste est converti dans le muscle en acide α-cétoisocaproïque, puis en β-hydroxy-β-méthylbutyrate. Chez l’adulte, une synthèse consacrée à l’efficacité et à la sécurité de la supplémentation chez les personnes âgées (The Journal of Nutrition, 2016) avance un apport minimal de 55 mg par kilo de poids corporel et par jour. Pour une personne de 70 kilos, cela représente près de quatre grammes : les acides aminés de Reta3 viennent s’ajouter aux apports alimentaires, ils ne s’y substituent pas.
Zinc sous forme de citrate, 15 mg
Le zinc est cofacteur de plus de 300 enzymes et élément de structure des protéines à doigts de zinc. Pour un complément, la quantité ne fait pas tout : la forme du sel compte aussi. Wegmüller et ses collègues de l’École polytechnique fédérale de Zurich l’ont mesuré avec la méthode de référence (The Journal of Nutrition, 2014) : quinze adultes en bonne santé ont reçu, selon un protocole croisé randomisé en double aveugle, 10 mg de zinc sous forme de citrate, de gluconate ou d’oxyde ; l’absorption a été suivie à l’aide des isotopes stables ⁶⁷Zn et ⁷⁰Zn. L’absorption fractionnelle médiane s’est établie à 61,3 % pour le citrate de zinc, 60,9 % pour le gluconate et 49,9 % pour l’oxyde. Citrate et gluconate étaient donc pratiquement à égalité ; l’oxyde, moins soluble dans l’eau, arrivait nettement derrière.
Allégation autorisée :
- Le zinc contribue à un métabolisme glucidique normal.
Chrome sous forme de picolinate, 40 µg
C’est avec le chrome que la question devient vraiment intéressante — parce qu’ici, même le point de départ fait débat. Depuis les années 1950, le chrome trivalent passe pour un oligo-élément essentiel, mais l’EFSA est parvenue en 2014 à une autre conclusion : dans son avis sur les valeurs nutritionnelles de référence (EFSA Journal, 2014), le groupe NDA conclut qu’aucune fonction essentielle du Cr(III) n’a pu être établie et que les tentatives de provoquer une carence en modèle animal n’ont pas donné de résultats cohérents. Ni besoin moyen ni apport de référence n’ont donc été fixés. Quoi qu’il en soit, l’absorption intestinale reste faible : Laschinsky et ses collègues ont comparé différentes préparations de chrome(III) chez le rat et chez l’homme (BioMetals, 2012) — pour toutes les formes, l’absorption ne dépasse pas quelques pour cent. L’acide picolinique, un métabolite du tryptophane, joue ici le rôle de chélateur en neutralisant la charge de l’ion chrome.
Allégations autorisées :
- Le chrome contribue au maintien d’une glycémie normale.
- Le chrome contribue au métabolisme normal des macronutriments.
Ce que cela dit — et ce que cela ne dit pas
Seuls le zinc et le chrome figurent au registre européen des allégations de santé autorisées. Le guarana, l’extrait de vinaigre de cidre, l’inuline de topinambour, la L-glutamine et la L-leucine n’en portent aucune. Pour les substances végétales, les demandes déposées attendent leur évaluation depuis des années ; pour les deux acides aminés, aucune allégation n’a été autorisée. Tout ce qui figure ci-dessus au sujet de ces cinq ingrédients décrit une origine, une chimie et un état de la recherche — cela ne dit rien de ce qu’ils font dans Reta3.
Un point mérite d’être dit clairement : il existe bien une allégation autorisée pour l’inuline, mais elle porte expressément sur l’inuline de racine de chicorée et ne s’applique qu’à partir de 12 grammes par jour. À 100 milligrammes, l’inuline de topinambour ne remplit ni l’une ni l’autre de ces conditions. L’allégation n’est donc pas utilisée.
ℹ️ À noter : les travaux cités ici relèvent de la recherche fondamentale et méthodologique ; ils ne prouvent aucun effet du produit. Pour la composition, le mode de prise et les prix, voir la page d’accueil de Reta3.